Des étudiants endettés, c'est normal ?

Publié le par Conférencière, auteure et coach.

« Quand j’étais à l’université, je travaillais le soir, les fins de semaine et l’été.  Je prenais les transports en commun et je ne voyageais pas. »  Voici un argument massue qui revient sans cesse avec fierté dans les écrits de certaines personnes qui critiquent les manifestations étudiantes.  Cependant, il serait intéressant d’évaluer plus en profondeur quelques aspects de la situation financière et sociale des étudiants à temps plein.

Chaque mois, plusieurs milliers d’entre eux et elles ont recours aux banques alimentaires comme Moisson Montréal.  J’en ai personnellement rencontré en plein hiver avec comme seules chaussures des souliers de course à -20o C !   Souvent, les étudiants doivent vivre en colocation afin de survivre.  C’est une situation qui peut tourner facilement au cauchemar si par malheur vos colocs sont des bambocheurs ou des gens irrespectueux.  

Quand je suis retournée aux études à temps plein à l’université, j’avais alors reçu une petite bourse et un gros prêt.  Pour survivre, je travaillais à la correction d’examens et en monitorat au département des sciences comptables.  Le salaire était nul.  Par manque d’argent surtout et de soutien moral, j’ai dû abandonner mes cours à la maîtrise.

Par contre, un recteur d’université à reçu récemment une prime de départ de un million et demi de dollars.   De plus, la rectrice de l’université McGill qui sermon les étudiants afin que ceux-ci se serrent la ceinture gagne un salaire de 350,000 $ par année et toutes ses dépenses professionnelles incluant un abonnement dans un centre d’entraînement haut de gamme et ses voyages sont aux frais de l’université. 

Nos voisins du Sud qui clament vivre dans un des pays les plus démocratiques au monde comptent par centaines de milliers d’ex étudiants âgés de plus de 70 ans endettés à cause d’un retour aux études ou pour payer des études à leurs enfants et petits-enfants. 

C’est ça que vous souhaitez pour le futur du Québec ?  Les étudiants qui manifestent depuis des semaines savent très bien que s’ils abandonnent la lutte, ils seront les grands perdants.

Étudier n’est pas un privilège mais un droit.


Jocelyne Choquette

www.jocelynechoquette.net

Publié dans AFFIRMATION DE SOI

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